Les tribulations d'un cloporte - Episode 03
J'me dit qu'il y a des jours ou rien ne va...comme celui ci...comme bien souvent pour mézigue...
Pour résumer, j'me suis levé avec la trogne des grands jours...la mienne...et croyez moi, cela provoquerait chez n'importe quel bonobo une déprime d'envergure...ensuite j'me suis coltiné les infos du jour au combien réjouissantes, ma vieille caisse en rade m'imposa une humide randonnée et l'autocar que je convoitait (sans grandes convictions tout de même) ne se fit pas prier pour m'oublier...
J'ai bien songé m'en retourner dans mon plumard...mais j'ai un rencard...et du genre qu'on laisse pas en plan...du genre qu'on voudrait déjà y être...
Pour une foi qu'une drôlesse carrossée façon pin-up, et à priori sans avarie à la coque, accepte de m'ouvrir sa casbah pour un gentil dîner...et plus si affinités...
Faut que je vous avise...
Je l'ai rencontré la veille dans mon rade favori...plutôt miteux, mais la bière mousseuse à souhait s'y déguste bien fraiche en savourant un bon p'tit concert jazzy...
Sur scène, le groupe de joyeux quinquagénaires entonnait à peine son deuxième standard « When The Saints Go Maching In »...quand une espèce de fée fit une entrée remarquée en tapant illico dans mon œil gauche...puis dans l'autre...!
le mouvement de balancier de ses hanches aurait filé le tournis à un cyclope aveugle et ses longues gambettes aux galbes étudiés en laboratoire semblaient démesurées eu égard à la faible auteur sous plafond...
Une étoffe écarlate du plus bel effet enveloppait, au plus près, un corps kif kif les madones Ibériques en ne couvrant que le strict minimum et exposant les beaux restes à l'admiration des convives.
Comme elle passait devant moi, je pu constater avec ravissement que son éblouissant cotés face était suivi harmonieusement par un cotés fesses idoine...voluptueux séant en effet, qu'elle vint reposer sur le tabouret voisin du mien.
Je senti alors un parfums envoutant et tenace me monter au blase.
Et c'est ce moment précis que j'ai, semble t-il, trouvé opportun pour m'étouffer avec classe en avalant de travers ma gorgée de cervoise..
produisant alors des soubresauts ridicules, j'me mit à expectorer bruyamment, le faciès peu valorisé par la teinte de coquelicot défraichit qui m'envahit...je me serait même ramassé lamentablement sans l'intervention de ma belle plante de voisine qui tendit une mains puis un bras tout entier pour me saisir par le colback et interrompre ma prévisible chute.
Le ridicule ne tue pas...et j'en sait quelque chose...car si se n'était pas l'cas, il ya fort à parier que ma carrière de fiente inutile aurait rapidement pris fin en se bas monde.
Et ce soir là, l'inconfortable situation aura au moins eu le mérite de me permettre de faire connaissance avec Betty sans avoir à user et abuser d'introduction douteuse et pitoyable.
Il est probable que le véritable prénom de la souris doit être moins exotique...du genre Élisabeth...mais ya pas à dire, Betty colle parfaitement à sa plantureuse anatomie...
D'ailleurs, je me suis demandé un instant qu'elle mois de l'année elle aurait occupé sur un calendrier de Gil Elvgren...j' aurait bien misé quelques pesos sur juillet ou la peau dorée et la chevelure brune et vaporeuse de l'icône auraient valorisé un micro bikini dont un pécheur malhabile viendrait arracher le soutien gorge grand format avec son hameçon malicieux...j'ai parfois une imagination foisonnante!
Pour la récompenser de sa hardiesse, je lui offrit de quoi se rincer le gosier...un mojito de bon ton que je suivi des yeux avec une pointe de jalousie lorsque la drôlesse porta le verre à ses pulpeuses gourmandises écarlates.
D'aucuns auraient décrit le regard de Betty comme étant de braise...mais se serait se montrer un peu court en besogne.
La Donzelle arborait deux grandes mirettes de jade surmontées d'une paire de balayette extra longue dont le maniement n'avait assurément aucun secret pour elle...
Ses petits bijoux de technologie féminine semblaient absorber la lumière environnante et éclairer d'autant un minois tant tellement parfait qu'il faisait passer le faciès de la Joconde pour une 6ème dauphine de miss Poitou-Charente...avec un nez délicat et des oreilles soigneusement ciselées sur mesure pour agrémenter l'ensemble de gauche comme de droite...
Bon...toujours est il que par le plus grand des miracle, j' obtint au terme de la soirée le curriculum vitae complet de Betty...avec pedigree, profession et salaire du géniteur, signe astrologique, mensurations détaillées, position préférée, température du corps au repos, numéro de sécurité sociale, de téléphone, de rue...
Bref tout l'toutim et en bonus un rencard avec promesse de réjouissances pas seul'ment culinaires...
Vous en conviendrez donc, je ne peus me permettre de poser un lapinou à une greluche 1er choix de cet acabit...!!!
à suivre...